Diluer la bouillie bordelaise semble simple, mais une mauvaise proportion peut brûler les feuilles, réduire l’efficacité contre les maladies ou contaminer inutilement le sol. Beaucoup de jardiniers hésitent entre cuillère, grammes et recommandations variables selon les cultures. Alors, quelle quantité faut-il réellement pour préparer 1 litre d’eau sans se tromper ? Dans cet article, vous découvrirez le dosage fiable, les ajustements possibles et les précautions essentielles d’application.
Dosage bouillie bordelaise pour 1 litre d’eau
Le dosage de la bouillie bordelaise pour 1 litre d’eau n’est pas universel. Il dépend du produit utilisé, de sa concentration en cuivre, de la plante à traiter et de la maladie visée. Avec de nombreuses bouillies bordelaises en poudre contenant environ 20 % de cuivre, les doses autorisées peuvent notamment se situer autour de 12,5 g par litre, mais elles peuvent être différentes selon l’usage homologué.
Il est donc préférable de ne pas retenir une règle du type « 10 g par litre pour toutes les plantes ». L’étiquette du produit reste la référence, car elle précise les cultures autorisées, les doses maximales, le nombre d’applications et, le cas échéant, le délai avant récolte.
Lorsque l’étiquette indique une dose en grammes par litre, le calcul est immédiat. Par exemple :
- 12,5 g/L = 12,5 g de produit pour 1 litre d’eau ;
- 15 g/L = 15 g pour 1 litre ;
- 20 g/L = 20 g pour 1 litre.
Si vous ne préparez qu’un petit volume, une balance de précision est préférable à une cuillère. La masse correspondant à une cuillère varie en effet avec la granulométrie et la densité de la poudre.
Comment calculer la dose selon la concentration
La mention « 20 % de cuivre » figurant sur certaines bouillies bordelaises correspond à la teneur du produit en substance active, et non à la proportion de poudre qu’il faudrait ajouter dans l’eau. Une poudre à 20 % de cuivre ne doit donc surtout pas être dosée à 20 % dans le pulvérisateur.
Pour convertir une dose indiquée sur l’emballage, il suffit généralement de la ramener au volume d’eau réellement préparé.
Si l’étiquette recommande, par exemple, 12,5 g de produit par litre, la formule est :
Quantité de produit = 12,5 × volume d’eau en litres
Il faudra ainsi 6,25 g pour 0,5 litre, 12,5 g pour 1 litre, 25 g pour 2 litres et 62,5 g pour 5 litres.
Certaines notices expriment toutefois le dosage en kg/hL, c’est-à-dire en kilogrammes pour 100 litres. La conversion est simple : 1 kg/hL correspond à 10 g/L. Ainsi, une dose de 1,25 kg/hL équivaut à 12,5 g/L et une dose de 2,5 kg/hL à 25 g/L.
Attention cependant : une dose exprimée en kg/ha ou en g/10 m² ne peut pas toujours être transformée directement en grammes par litre. Le volume d’eau pulvérisé par surface entre alors dans le calcul. Dans cette situation, mieux vaut suivre précisément les indications de la notice plutôt que réaliser une conversion approximative.
Tableau des dosages selon les usages du jardin
Les besoins ne sont pas identiques pour un arbre fruitier, une vigne, des légumes ou des plantes ornementales. De plus, deux produits commercialisés sous le nom de « bouillie bordelaise » peuvent avoir des homologations et des concentrations différentes.
Le tableau suivant sert donc avant tout à comprendre comment lire et convertir un dosage, et non à remplacer l’étiquette de votre produit.
| Indication figurant sur le produit | Équivalent pour 1 L d’eau | Quantité pour 5 L |
|---|---|---|
| 6,25 g/L | 6,25 g | 31,25 g |
| 10 g/L | 10 g | 50 g |
| 12,5 g/L | 12,5 g | 62,5 g |
| 15 g/L | 15 g | 75 g |
| 20 g/L | 20 g | 100 g |
| 25 g/L | 25 g | 125 g |
Dans la pratique, les usages autorisés peuvent concerner notamment certaines maladies des arbres fruitiers, de la vigne, des légumes ou des plantes ornementales. La dose n’est cependant pas déterminée uniquement par le type de plante : la maladie ciblée et la formulation commerciale comptent également.
Pour le mildiou de la tomate, par exemple, il ne faut donc pas reprendre automatiquement le dosage indiqué pour la cloque du pêcher ou une bactériose d’un arbre fruitier. Vérifiez que la culture et l’usage recherché apparaissent bien sur l’étiquette.
Préparer le mélange sans grumeaux ni surdosage
Une bonne préparation facilite la pulvérisation et permet d’obtenir une répartition plus homogène du produit sur les végétaux.
Commencez par mesurer précisément la quantité de poudre nécessaire. Évitez les estimations à l’œil ou les cuillères de cuisine lorsque la notice indique une masse en grammes.
Versez ensuite une partie de l’eau dans un récipient réservé à cet usage. Ajoutez progressivement la quantité mesurée de bouillie bordelaise tout en mélangeant afin d’obtenir une préparation homogène. Complétez avec l’eau restante jusqu’au volume souhaité et mélangez de nouveau.
Si le pulvérisateur le permet, maintenez une certaine agitation pendant l’application, notamment lorsque la préparation a tendance à se déposer au fond.
Préparez uniquement la quantité nécessaire au traitement. Cela évite de devoir gérer inutilement un reste de produit phytosanitaire. Le fond de préparation ne doit pas être déversé dans un évier, un égout, un fossé, un cours d’eau ou à proximité d’un point d’eau.
Enfin, davantage de produit ne signifie pas davantage d’efficacité. Doubler la concentration recommandée peut accroître le risque de phytotoxicité et augmenter inutilement les apports de cuivre dans l’environnement.
Quand appliquer la bouillie bordelaise efficacement
La bouillie bordelaise est essentiellement un traitement de contact à action préventive. Le cuivre présent à la surface des tissus végétaux limite la germination et le développement de différents agents pathogènes. Il est donc généralement plus intéressant de traiter avant l’installation importante de la maladie ou au tout début de son développement que d’attendre une plante fortement atteinte.
Le moment précis varie cependant selon la culture et la maladie. Sur certains arbres fruitiers, des traitements cupriques peuvent être prévus à des périodes particulières du cycle végétatif. Pour d’autres cultures, l’objectif est plutôt de protéger les tissus lorsqu’une période favorable au développement d’une maladie se présente.
Les conditions météorologiques sont également importantes. Une application doit généralement être réalisée sans pluie imminente, afin de laisser le produit se déposer correctement sur la végétation. Évitez aussi les traitements par vent important, qui entraînent une dérive du produit et rendent la pulvérisation moins régulière.
Les fortes chaleurs constituent également de mauvaises conditions d’application. Selon la plante, son stade de développement et le produit utilisé, le cuivre peut occasionner des symptômes de phytotoxicité. Respectez donc les conditions et les restrictions mentionnées sur l’emballage.
Après une pluie importante, la protection de surface peut être diminuée. Cela ne signifie toutefois pas qu’il faut retraiter automatiquement : le nombre maximal d’applications et l’intervalle entre deux traitements indiqués pour le produit doivent toujours être respectés.
Précautions et limites d’usage sur les plantes
Même lorsqu’elle est autorisée en agriculture biologique pour certains usages, la bouillie bordelaise n’est pas un produit anodin. Elle contient du cuivre, substance qui ne se dégrade pas comme une molécule organique et dont l’accumulation dans les sols constitue l’une des principales limites d’une utilisation répétée.
Il faut donc raisonner les traitements et ne pas pulvériser systématiquement toutes les plantes du jardin « par précaution ». Lorsque les conditions ne sont pas favorables à la maladie ou que des mesures culturales suffisent, un traitement peut être inutile.
Le cuivre peut également être phytotoxique dans certaines situations. Les jeunes tissus et certaines espèces ou variétés peuvent être plus sensibles. Respecter la dose est donc essentiel, tout comme les éventuelles restrictions liées au stade de développement de la plante.
Lors de la préparation et de l’application, respectez les équipements de protection et consignes de sécurité figurant sur l’étiquette. Évitez d’inhaler la poudre et empêchez le produit d’atteindre les points d’eau. Les produits cupriques peuvent être très toxiques pour les organismes aquatiques.
Sur les cultures alimentaires, il faut également tenir compte du délai avant récolte (DAR) lorsqu’il est indiqué. Celui-ci varie selon le produit et l’usage : il n’existe pas un délai unique applicable à toutes les bouillies bordelaises.
Enfin, l’efficacité du traitement passe aussi par des pratiques préventives : élimination des parties fortement malades lorsque cela est pertinent, espacement suffisant des végétaux, bonne circulation de l’air, arrosage maîtrisé et choix de variétés moins sensibles. Ces mesures permettent souvent de réduire le recours au cuivre.
Erreurs fréquentes de dosage à éviter
La première erreur consiste à considérer 10, 12,5 ou 20 g/L comme une dose universelle. Les bouillies bordelaises disponibles sur le marché ne disposent pas toutes exactement des mêmes conditions d’emploi. Un dosage trouvé sur Internet peut donc être correct pour un produit et un usage précis, mais inadapté à un autre.
Autre confusion fréquente : prendre la teneur en cuivre pour le dosage à appliquer. Une indication comme « cuivre : 20 % » décrit la composition du produit. Elle ne signifie pas qu’il faut mettre 200 g de poudre dans un litre d’eau.
L’utilisation d’une cuillère comme unité de mesure est également source d’erreurs. Une cuillère à café de deux poudres différentes ne pèse pas nécessairement la même chose. Pour préparer seulement 1 litre, quelques grammes d’écart peuvent déjà modifier sensiblement la concentration. Une petite balance graduée au gramme ou au dixième de gramme est beaucoup plus fiable.
Il faut aussi éviter de réduire arbitrairement le volume d’eau tout en conservant la quantité de produit prévue pour un pulvérisateur plus grand. Si 50 g sont prévus pour 5 litres, par exemple, utiliser ces mêmes 50 g dans 2 litres crée une solution beaucoup plus concentrée.
Enfin, ne multipliez pas les traitements simplement parce qu’une faible quantité de bouillie bordelaise semble inoffensive. Avec les produits cupriques, la dose par application et la quantité totale de cuivre apportée au fil du temps sont toutes deux importantes.
Pour préparer 1 litre sans se tromper, la méthode la plus sûre reste donc simple : repérez sur l’étiquette la dose correspondant précisément à la plante et à la maladie, convertissez-la en grammes par litre si nécessaire, puis pesez la quantité avec précision. Si la dose homologuée est de 12,5 g/L, utilisez 12,5 g pour votre litre d’eau — sans augmenter la concentration dans l’espoir d’obtenir une meilleure protection.








